vendredi 15 mai 2009

Khaiav

Un sujet dont je n'ai pas parlé, mais qui est présent quotidiennement dans mon univers actuel, la bouffe.
On trouve toute sorte de restos à Pune, lequartier ou je suis étant un quartier d'expatriés on y trouve un burger king, un pizza Hut et même un hardrock café, la honte.
2 principaux choix, Veg ou non Veg.
Au milieu de tout ca on trouve des menus assez étranges comme le Arthur's Theme, resto Francais ayant pour thème principal, le roi Arthur, c'est sur c'est bien francais, quand a la cuisine, c'est spécial, c'est pas mauvais, mais ce n'est pas vraiment bon, des plats en sauce, vaguement européens,bof.
Mais il suffit de faire quelques mêtres et on trouve quelques gargotes bien sympatiques, bien sympatiques le soir parce que le midi, c'est gavé de mouches, on se dispute le plat avec les voisines ailées. C'est un peu l'extase culinaire là dedans, le premier Angaan, propose un mix de bouffe indienne et du nord du pays, mixte, on y trouve du poulet afghan, du mouton délicieux, des plats indiens en sauce pas mal épicés, quelques thalis, plats a compartiments avec des curys, de masala du curd, le tout agrémenté d'oignons crus, de citrons minuscules délicieux, et de chutney fort a la mangue, et évidement au choix, chapatis, naan, kulcha,c'est devenu ma cantine, j'y suis au moins un soir sur deux.
Un peu plus loin un resto Iranien ou on mange du boeuf, c'est rare ici, mariné et cuit longtemp ( il vaut mieux )facon ragoût, mais surtout, surtout, les meilleures frites du monde, les mêmes que celles de Madame Nicolas, donc, la classe.
Tous les midis nous allons manger dans un resto Veg assez grand celui ci, dont la carte comporte au moins une bonne centaine de plats différents, succulent, mais il y a un point commun qui est typique des restos, tout est en sauce, souvent pimentée, et je commencais a me demander ce que les indiens mangent vraiment chez eux.
Tous les midis les indiens de mon équipe disparaissent et reviennent pleins comme des cochons, de bouffe, pas d'alcool, et aujourd'hui j'ai su ou ils allaient , une famille, un peu plus loin que le boulot leur fait la bouffe, la vraie, pas celle du resto, la claque.
J'arrive chez Preeti et Mohindra, un appartement modeste dans une ruelle, ils sont a la retraite, Mohindra lui, travaillait sur les champs de course, il s'occupait de chevaux.
Aloo curry,curry sec de pommes de terre et piments doux, channa massala maison, des pois chiches cuisinés un peu pimentés, puri, des galettes de pain frites, des beignets de palak, épinards, dont la panure est épicée, diverses sauces a rajouter au plat, dont une a base de lait, de citron, de piments verts, et de coriandre a couper le souffle. Le bonheur concocté par la cuisine de Preeti qui ne voulait pas me laisser voir les préparations, j'ai quand même espionné un peu, je lui ai demandé si elle donnait des cours de cuisine, ca l'a fait mourir de rire.
Ha oui et j'oubliais, pour adoucir tout ca la soupe froide de mangue, c'est la saison on en trouve partout, les petites jaunes bien sucrées a 1 dollar le kilo, j'arrête pas d'en bouffer.
Le retour a la bouffe nord américaine va me sembler bien fade, j'ai trouvé la solution, je ne pars plus.


Pretti morte de rire parce que j'essaie d'espionner discrètement


La Maman d'un des gars du boulot en train de préparer les fameux beignets aux feuilles d'épinards.

jeudi 14 mai 2009

Qui C'est ??? c'est l'plombier !

Lundi soir je rentre de mon cour de sitar, et j'entend un bruit continu dans l'appartement, j'imagine que ce sont les travaux de l'immeuble en construction épisodique à deux coins de rue, je prête un peu plus attention, on dirait un bruit de cascade, pas désagréable dailleurs.Mince, aurais-je laissé un robinet ouvert ?
J'allume dans la salle de bain et là, c'est magnifique, l'eau ruisselle du plafond !
Un faux plafond en plexy translucide ou sont camouflés les tubes néons et autres cables électrique.
je me dis alors tiens, je vais peut être couper le courant.
Je retourne dans la salle de bain, prend une chaise et commence a enlever les plaques, verdict, le ballon d'eau chaude a pêté, je ferme l'arrivée d'eau, par terre une belle flaque s'écoule dans les évacuations, heureusement qu'il y en a dailleurs.
Lendemain j'en parle à Kishor le trouve-tout du studio, qui appelle le syndic de proprio, qui me dit qu'ils envoient quelqu'un.
Retour a l'appart après bouffer pour attendre le plombier, 18h30, on cogne, un type vachement bien habillé me dit bonjour je suis envoyé par le syndic, vous avez un problème de fuite ? il est quand même vachement bien habillé je trouve pour un plombier, il doit avoir une espèce de super couteau suisse indien, parce que, rien, pas de sacoche a outils.
j'explique au gars qui me dit : Ha mais c'est normal, quand le ballon chauffe trop, ca s'évacue, regardez, ca ne coule plus.
- ca ne coule plus parce que j'ai fermé l'eau.
- ouvrez a nouveau, ca doit s'être réglé.
- daccord, puisque vous êtes a coté, ouvrez, c'est la vanne rouge.
Et une bonne douche pour le mec vachement bien habillé,une.
ha ? ha oui quand même.Bon je vous envoie un plombier demain après midi.
Il sera chez vous a 14h30, je vous appelle si il y a un problème.
Ok, merci.
aujourd'hui 14h30 a la maison, rien, 15h30, personne, 16h30 je rappelle le gars:
Il ne pourra pas passer aujourd'hui, il passera demain.
-disons que j'ai un travail quand même, je ne vais pas attendre le plombier tous les jours non plus.
Bon ok il sera la samedi.
Enfin, c'est pas si grave non plus une douche froide le matin quand il fait 35 degrés ca va, je ne suis pas a montréal.

La politique d'usure de la congrégation des plombiers est internationale. Salauds.

dimanche 10 mai 2009

Un peu de musique

De mon côté je continue les cours de sitar, et je découvre un univers musical extrêmement riche, plein de concepts inconnus chez nous, mais plus j'en apprend, plus je découvre qu'il va me falloir passer 20 ans en inde avant de tout comprendre, si j'y arrive un jour. Dans le désordre:
La musique indienne n'a pas de notation écrite, portée ou partition, inutile pour une musique a 95 % improvisée, il existe une notation écrite avec des mots, mais , avant tout, c'est un apprentissage oral, et ca m'arrange.
les notes sont Sa Re Ga Ma Pa Da Ni -Do ré mi fa sol la si
jusque là, ca va.
Contrairement a l'occident, la musique indienne a conservée les micros tons appelés Shrutis.
La musique indienne est basée sur 10 gammes.
de ces gammes, découlent des ragas, sortes de règles harmoniques, par exemple, on ne peux pas jouer certaines notes en montée directement, on doit passer par une autre note avant de continuer, il y autant de règles que de ragas, soit plusieurs centaines.
Dans ces ragas on y inclus des compositions, qui respectent ces règles, ensuite tout le reste est improvisé, mais on y retrouve des points de repères constants comme les thiyami phrases jouées 3 fois et qui doivent obligatoirement finir sur le premier temp de la mesure.
les ragas sont soumis a des règles strictes, on ne peux pas les jouer a nimporte quel moment de la journée. A ces règles horaires s'ajoutent des considérations spirituelles et médicales, je vais arrêter là, parce que je sens que j'en ai déjà perdu certains.

Les rythmes, c'est une dédicace pour Delphine.
Ils sont étroitement liés aux ragas, les tablas sont considérés comme un instrument de musique, avec ses mélodies, ses modes, ses improvisations, son accordage.
Là ou ca se complique c'est dans la composition du rythme et les temps forts et faibles, pour la composition, on trouve des rythmes en demi temps, donc des mesures en 6 et demi par exemple.
Les rythmes indiens s'apprennent également de manière orale, avec des nons déterminées pour chaque frappe sur les tablas, il y a les sons résonants et les sons bloqués, secs. Les sons aussi sont secs.

Les points de repère:
les taali, le battement
le Sum, premier temp de la mesure
Le Khali, le temp négatif ( ha ca c'est nouveau.)
exemple, prenont une mesure a 16 temps, mous avons
1---2---3---4---5---6---7---8---9---10---11---12---13---14---15---16
sum-------------taal-----------khali----------------taal------------
taal

nous avons donc 3 taals, ce rythme s'appelle Teen taal, teen veut dire 3 battements
et il se joue ainsi
dha dhin dhin dha-dha dhin dhin dha-dha thin thin tha-tha dhin dhin dha

j'en déduis donc que on peut avoir également un battement irrégulier, un teen taal ne serait pas forcement sur 16 temps ?
1 - - 2 - 3 -
sum -----Taal--Taal
taal
kahli

Je suis en train de devenir fou je crois.
Mais le pire dans tout ca c'est qu'en fait il suffit de compter sur ses doigts....
Mais laissons Padith Ravi Shankar nous expliquer tout ca:

http://www.petelockett.com/pete%20new%20video/STROKES%20FROM%20ABOVE-1.wmv

Deux touristes attaqués par des enfants musulmans !





Oui, mais en fait non, c'était pour faire américain, sensation, gros titres vendeurs.
J'ai emmené, ce week end, le 'petit' Guillaume découvrir quelques trucs en ville, le temple de parvati,et les petites rues derrière MG road,en chemin nous nous sommes arrêtés dans Shawarda, un ancien palais fortifié qui a malencontreusemnt brûlé il y a plusieurs siecles, mais dont subsistent les remparts de style marathe, c'est con ca devait être beau.
En nous promenant dans les ruelles derriere MG Road,nous avons coupé par des ruelles encore plus petites, des vrais quartiers, les gens font leurs lessives dehors, les femmes bitchent sur le pas de leur porte, ca sent la bouffe et plein d'autres trucs plus organiques et au détour d'une maison nous nous retrouvons en alsace, je sor l'appareil et nous voila assaillis par de hordes de mômes de ce quartier musulmans, ils veulent tous se faire prendre en photo, les adultes autour sont morts de rire, un beau moment d'éclate totale pour eux.Pour nous aussi en fait !









lundi 4 mai 2009

JUJERI

Encore une visite dans un temple a 2h de route de Pune, la chaleur étant très forte, je limite mes longs trajets en becane, il fait tellement chaud que l'on ne sent pas qu'on transpire, le vent brûlant sêche immédiatement toute sueur, il faut donc s'arrêter et boire régulierement l'eau qui était fraiche, mais qui après 20mn de route devient chaude, on s'y fait, je ne vais pas me plaindre, habitant dans les quartiers riches je n'ai pas droit aux coupures d'eau dans la journée.
Je pars avec Aurélie, la chargée des ressources humaines de Ubi Pune, nous louons une voiture avec un chauffeur super sympa.
après une petite demie-heure nous attaquons les routes de montagne, inutile de préciser que c'est plutôt sportif...nous doublons le bus antédiluvien, qui double le vélo, avec un camion qui arrive en face, on serre les miches, ca passe.
Tout est aride, les quelques tentes en plein soleil des travailleurs agricoles itinerants, témoignent des conditions de vies difficiles pour les habitants de la campagne.Les bassins de rétention d'eau, les rivières et les barrages sont a sec, les seuls points de verdure sont les arbres qui ont leur propre réserve d'eau, avec en dessous des vaches ou des chevres qui tournent en même temps que le soleil pour rester a l'ombre, mais dans toute cette sécheresse on sent la mousson proche, trois semaines, les agriculteurs ont commencé a retourner les champs.
Nous arrivons a Jujeri, petite ville ou les gens viennent au temple afin de sceller leur union devant dieu, et porter leurs doléances, comme d'habitude il faut grimper avant d'accéder au temple, tout est de style marathe, en pierre noire, le long de la montée, des échoppes vendent des idoles en cuivre, des reproductions ultra colorées, des DVD marathes, le son a fond la caisse, Hein ?? quoi ?? une sorte de mont St-Michel indien, l'omelette de la mère poularde et l'envie de se pendre en moins.
il y a énormément de monde, ca rie, ca chante, c'est le bain de foule le plus sympa dans lequel je me suis retrouvé, c'est la joie ambiante, rien a voir avec notre catholicisme gris et terne, je me fait arrêter tous les 10m, on me demande d'ou je viens, ce que je pense du lieu, j'ai du me faire bénir et tartiner le front de safranau moins tois ou quatre fois. Mais c'est bizarre, les gens qui montent sont tous propres, et ceux qui redescendent tous jaunes, je vais bientôt savoir pourquoi.






















Nous redescendons ensuite, non sans avoir halluciné sur l'endroit , un autre temple de shiva, moins coloré celui-ci, perdu au fond du village, nous attend, a proximité un terrain vague, la fête, tambours, danses, la joie encore une fois.





allez zou on rentre a Pune, avec en prime un bon coup de soleil sur la noix de coco.

lundi 27 avril 2009

épousailles


Je suis fier de vous annoncer le mariage de Vaijayanthi Iyengar, superbe,et Aditya Kelkar,très classe, mais en fait je suis juste allé aux présentations officielles des mariés, dans une salle a l'autre bout de la ville.
J'arrive enfin après une heure et demie de traffic ( a peu près l'équivalent de 20 clopes en pollution), de demi tours, allées et venues suite a une perte totale de points de repères, ceci malgré la carte.
C'est utile une carte, mais quand le nom des rues est absent et que les chauffeurs de rickshaw du coin ne parlent pas un mot d'anglais, ben, on se paume, mais j'ai percu :ek, bayan !! la 2e a gauche ! merci !
Entrée remarquée de ce blanc en kurta.
ils sont magnifiques, le décor est superbe, j'y suis, un petit côté david lynch dans l'éclairage tout est parfait, Vaijayanthi, superbe, mais je l'ai déja dit il me semble, me glisse a l'oreille qu'il y a ce soir plein de femmes indiennes célibataires, que demander de plus.